Reprise

Créé par le 06 sept 2009 | Dans : Non classé

Bonjour a tous, apres une annee sans ecriture, je profite de la mort tragique  de Christian Poveda journaliste Photographe, pour vous republier un article que j’avais ecrit l’annee derniere sur les Maras.Christian Paveda a ete assasine il y a 3 jours, le 2 septembre, le long d’une route au nord de San Salvador. Ce sera en quelque sorte mon homage a Christian Poveda, qui a consacre sa vie a analyser, comprendre et denoncer l’injustice sociale, la misere et la guerre. Qu’il repose en paix.

 Article ecris en Mai 2008,

La Mara Salvatrucha et la Mara Dieciocho.

8,6 personnes par jour meurent assassinées au El Salvador pays de 6 millions d’habitants. 80% de ces crimes sont attribués aux maras, gangs juvéniles présents en Amérique Centrale, au Mexique et Etats Unis. La majorité d’entre eux se sont répondus au El Salvador. Violents, armés jusqu’aux dents ils terrorisent une population meurtrie et blasée de tant de crimes.

Introduction un peu dure, très statistique, violente, froide, right to the Target. Comment aborder de toutes façons ce sujet de manière poétique? Les maras. Sujet grave. Sérieux. Tabou. Flippant. Intriguant. Et comment parler de ce problème quand on est étranger? Dois-je écrire un article sur les maras? Suis-je dans mon droit? Suis-je la bonne personne pour en parler? Je vais me planter. Les ONG vont me fustiger, les salvadoriens se désespérer et se lasser. Ca y’est j’entends déjà leur colibes. Tant pis je vais tout de même me jeter à l’eau et tenter d’aborder comme je peux ce sujet.

Nous y voila, cela fait trois mois que je suis arrivé au El Salvador. Il est temps pour moi, après réflexion d’aborder le sujet tabou et à la fois sur toutes les langues.

Les MARAS. La Mara Salvatrucha (MS 13) et la Mara Diesiocho (M 18). Sur un mur de San Salvador, un tag, MS 13. Ici gouverne la MARA SALVATRUCHA ou MS 13. Un peu plus loin à quelques centaines de mètres, un XVIII en chiffre romain sur un mur en tôle. Ici dirige la MARA 18. Chaque gang marque son territoire. La ville et le pays entier sont découpés en zones officieuses ou se sont implantés les gangs.

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Bien sur, les quartiers aisés sont épargnés. Bien sur les zones commerciales aussi. Bien sur au quotidien on les ne voit pas, ni les croise. Ou plutôt dans MON quotidien….Car jamais très loin, la mara est là, trônant dans son pâté de maison, son quartier, son territoire.

La Mara Salvatrucha est en guerre contre la Mara 18. La Mara 18 est en guerre contre le MS 13.

Si un membre du gang 18 s’aventure de l’autre coté, du mauvais coté, là ou gouverne le MS 13, à quelques centaines de mètres il sera certainement assassiné. Pas de quartier sans mauvais jeu de mots. L’ennemi est là, Il ne me ratera pas lui, alors moi non plus.

Des catholiques contre des protestants. Des chrétiens contre des musulmans. Des noirs contre des blancs. Des pauvres contre des riches. Des communistes contre des capitalistes. On aura tout vu dans l’histoire de l’humanité. La guerre entre maras est un peu plus difficile à cerner. Des pauvres de cultures catholiques contre des pauvres de cultures catholiques. Aucun critère de race, de religion, de classe sociale, d’idéologie en générale ne justifie leur lutte  à mort. Un gosse qui rentre dans la M18, saura naturellement que son ennemi juré est le gang MS 13, il lutera pour son gang.

Aveuglement.

Jusqu’à la mort, En mi clica y la m18 a morir.

Une appartenance au gang gravée dans la peau. La vie, les tristesses, les meurtres, les décès, gravés dans la peau. Le gang dans la peau, tatoué au plus profond de leur âme…ou ce qu’il en reste.

sgeqbh74070207220447photo00quicklookdefault245x162.jpg 3122529maras2.jpg mara18.jpg

Pourquoi? Pourquoi se créer un ennemi qui vous ressemble? A quoi bon tuer son reflet? Suicide inconscient? Mais tout d’abord qui sont t’ils? Des victimes, des assassins, des exclus, des caïds de quartier? On aura tout lu et tout expliquer sur les maras, sociologiquement, socialement etc…. Il est en tous cas sur qu’historiquement ils sont issus du Los Angeles des années 80, le M18, s’installe dans la 18 eme rue de Los Angeles, la Mara Salvatrucha, essentiellement composée d’immigrés salvadoriens occupe elle la 13eme rue. Lutte de gang, lutte urbaine classique dans une ville américaine. Puis ces gamins, qui ont en générale entre 10 et 25 ans, sont expulsés par les autorités américaines. Retour au pays où ils n’ont jamais vécus. Le seul model social de vie qu’ils connaissent, c’est la lutte de gang. Le trafic de drogue. L’extorsion. Etre en groupe. Dans les années 90, le Salvador est dans un état économique et social catastrophique après 10 ans de guerre civile sanglante. Ces jeunes déportés n’auront aucun mal à exporter et imposer leur mauvaise influence. Leurs modes de vie auprès des gamins salvadoriens sans repères familiales et sociales. Ainsi s’est rependu ce phénomène au cours des années 90.

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A la maison, papa n’est pas la, parti aux états unis, travailler, clandestin. Je suis l’homme de la famille, dans mon bidonville, je ne suis qu’un pauvre parmi les pauvres. Rentrer dans la mara, me protège, me donne un statut social, les vieux me craignent, mes copains m’admirent, je suis un gangster, je suis cool, je suis quelqu’un. Les durs snifent de la colle, fument du crack, c’est cool. Je suis un dur je sniferai de la colle et fumerai du crack.

J’ai douze ans.

Tel un adolescent fumera sa première cigarette dans n’importe quel lycée français. Par effet de mimétisme, un jeune marero fumera du crack. Il violera et tuera aussi.

C’EST LE BIZUTAGE POUR RENTRER DANS LE GANG.

Chez les maras le mimétisme puis le quotidien conduit à fumer du crak, toute la journée.

A tuer, à violer, à raqueter. Question d’échelle en faite.

La mort la vie, les autres, plus rien n’a d’importance, seul mon gang existe, protéger mon territoire, mon gang, celui qui me protège, pour qui je luterai jusqu’a la mort. Sex drogue and rock and roll, qu’importent les moyens.J’ai du tuer 6 personnes, peut être 20, peu être plus, je sais pas, qu’importe..con ellos a morir.

Le monde dans lequel vivent les maras est surréaliste. Aucune conscience du bien du mal de la vie de la mort, des autres du MOI CONSCIENT. Un monde à part, ailleurs, par là bas.

Les autorités estiment leur nombre à 20 000 au El Salvador. Certainement plus en fait.

Aujourd’hui lundi (article ecrit le lundi 26 mai ndrl), j’ouvre le journal, le week end ressence 19 morts violentes. La moyenne.

« Relativement Peu » finalement pour le week end, jours traditionnellement plus meurtriers que la semaine.

La Mara sera responsable de 15 de ces crimes.

Le gouvernement semble résigné, (sic) voir (dés)intéressé par le problème. La population, elle, désespérée. Les maras recrutent de plus en plus jeunes. Dès 6 ans les gamins grossissent leurs groupes. Ils sont à la fois fléaux et victimes, assassins et assassinés, le contexte et le problème n’est pas simple, les solutions difficiles à mettre en place.

Tout est lié. La pauvreté, le trafic de drogue, la globalisation des économies souterraines. Du sud au nord de l’Amérique le banditisme forme un parfait puzzle. Toutefois, seules certaines élites parfois même au pouvoir, termineront de construire ce Puzzle.

Au El Salvador, les maras elles, finalement, ne sont qu’un maillon…

Le maillon faible évidemment.

Dengue

Créé par le 19 sept 2008 | Dans : Non classé

Deux jours, cela fait plus de deux jours qu’une fièvre intense me colle au corps. Des montées à plus de 40 de fièvre. La nuit, des délires fiévreux. La fièvre a l’air de baisser, mon front est presque froid. Non, depuis une heure elle remonte, je frôle les 40 de nouveau. Un mal de tète omniprésent m’empêche de marcher. Chaque mouvement est une douleur pour le corps et ma tête. Des crampes envahissent le corps fiévreux.

 J’appelle la mère d’ana, médecin : 

« Allo, oui ca va pas trop fort, depuis deux jours que j’ai un mal de tête horrible, une fièvre très forte mais qui va et vient, j’aurais besoin de médicaments pour soigner une grippe. Elle me répond pensivement, 

-Tu tousses ? 

-non 

-Tu as mal à la gorge ? 

-non  - La fièvre monte et descend de façon impromptue ? -oui, c’est ca, - Tu as mal à la tête, et tu te sens très fatigué ? -exactement, mais c’est quoi ? -Il est quasi certain que tu ais attrapé  la dengue mon petit, - la quoi ? La « dinguee » ? -La Dengue, et oui, un moustique t’a contaminé la dengue, 

- merde, mais c’est grave ca, une maladie tropicale, il me faut un vaccin immédiatement. 

- Tranquilise toi, heureusement les symptômes que tu as, laissent à penser que c’est une forme de dengue bénigne, tu auras des montées de fièvre pendant une journée encore, puis, tout rentrera dans l’ordre, la dengue, c’est  3 jours de fièvre puis une semaine de fatigue, repose toi bien, c’est l’unique médicament. 

Je fais une petite recherche rapide sur la dengue, inquiet tout de même, voila ce que me dit le site de l’Organisation Mondiale de la Sante :

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La dengue, maladie infectieuse transmise par des moustiques, est devenue ces dernières décennies un sujet important de préoccupation pour la santé publique internationale. Elle sévit dans les régions tropicales et subtropicales de la planète avec une prédilection pour les zones urbaines et semi-urbaines. 

Dans les cas modérément graves, les symptômes s’apaisent en totalité après la disparition de la fièvre. Dans les cas sévères, l’état du malade peut se détériorer brusquement après un épisode fébrile de quelques jours; la température s’effondre, puis des signes de collapsus cardio-vasculaire apparaissent et le malade peut rapidement tomber dans un état critique de choc et mourir dans les 12 à 24 heures, ou au contraire récupérer rapidement, moyennant un traitement médical adapté. 

J’ai la dengue, c’est bien cela. Une maladie tropicale. Je me sens rapidement un aventurier explorateur ! Enfin, une nouvelle poussée de fièvre calme mes ardeurs sans mauvais jeu de mot. Le lendemain, c’est le troisième jour, la fièvre est toujours présente, insistante, je suis cloué au lit, la nuit je transpire de façon surprenante. Je dois me lever en pleine nuit pour changer mon t-shirt trempé. Mon front est humide, chaud, froid, tremblotant. Des gouttes coulent le long du corps, je change les draps du lit eux aussi trempées de façon incroyable. 

Puis, comme l’avait pronostiqué la mère d’ana, la fièvre disparait le quatrième jour. Je me sens de nouveau d’attaque, quoiqu’un peu fatigué. Pour être une maladie des pays tropicaux et donc d’Amérique latine, il faut noter que paradoxalement c’est une maladie ponctuelle  à l’heure de se retirer (en référence au peu de ponctualité constatée des latinos américain), la dengue bénigne ne dure guère que trois jours, pas moins, pas plus.

Trois jours de fièvres intenses, puis une semaine de fatigue. Une grande fatigue en effet, s’accapare de mon corps désormais, et prend le relai de mes montées de fièvres, puis une marque rouge sur le cou marque le dernier jour de la maladie, une marque qui rapidement disparait après une journée. Étranges symptômes tout de même….

Voila, j’ai survécu à ma première dengue, fort heureusement il s’agissait de sa forme bénigne. 7 mois que je suis au Salvador, et finalement aucune indigestion notoire, aucun problème majeur, une petite dengue relèvera la moyenne mais finalement après recul sur la chose, rien de bien méchant en fins de comptes… 

Promenade oisive à Suchitoto

Créé par le 14 août 2008 | Dans : Non classé

Suchitoto est une ville coloniale, située à 47 km de la capitale San Salvador. 

Suchitoto, ses rues de pavés ronds, ses maisons coloniales, une tradition culturelle riche, et une vue panoramique sur le lac Suchitlán. 

Pendant le conflit armé passé qu’a vécu El Salvador, 1980 – 1992, le village s’est littéralement transformé en village fantôme. La population a en effet fait l’objet d’une grande quantité d’attaque par la guérilla depuis la colline de Guazapa, motif pour lequel la majorité des habitants émigrèrent vers d’autres villages, Suchitoto restant le centre d’une guerre plus d’une décennie. 

L’émigration de ses habitants a donc curieusement aide ironiquement la ville à maintenir son architecture, aujourd’hui presque intacte. Suchitoto conserve de nos jours encore ce calme magique d’anciens peuples, ses rues de pavés et ses maisons avec ses balcons de fer forgé et grandes portes de bois. Ses gens assis au bord de ses maisons parlant de la vie, de la pluie, du beau temps et autre banalités. 

Suchitoto s’est, ces dernières années, définitivement projeté à grands pas comme la première ville historique, artistique et culturelle d’El Salvador, et sa municipalité fait de grands efforts pour contribuer au sauvetage et à la préservation de ce village si typique et envoutant. Bonne promenade oisive à Suchitoto…   

Premièrement, mettez vous dans l’ambiance en ouvrant le fichier musique, puis, pendant ce temps, sur le fichier album, faites défiler les photos en cliquant sur la flèche qui s’affiche a droite de l’image.

Promenade oisive  à Suchitoto mp3 anicetomolinajosefina1.mp3

El Pueblo de Suchitoto
Album : El Pueblo de Suchitoto

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Dieu créa la femme et les miracles…

Créé par le 26 juin 2008 | Dans : Non classé

Je lui donne 25 ans à Miguel. C’est un jeune salvadorien, comme tant de jeunes il écoute du punk rock,  des groupes comme of Springs, good charlotte, se laisse pousser la barbe, porte aisément des t-shirts de ses groupes favoris.

Il est programmeur informatique. Bref un jeune comme un autre, banal finalement. Miguel est aussi très croyant, comme la majorité des salvadoriens.  Quand il arrive à son travail, il pose son livre, la bible, et ses deux chapelets à droite de sa table. Je m’approche curieux, machinalement, tasse de café à  la main. 

« - Salut Miguel la forme, 

- Ca va et toi ? grâce à dieu tout va bien. 

- Tu lis la bible ? 

- Ouai. 

-  Tu reviens de la messe peut être ? 

- Non ce livre m’accompagne avec moi tous les jours, dans chaque pas qui dirige ma vie. 

- Ha très bien. 

- Regardes ces deux chapelets aussi, essentiels,  à quelle église tu appartiens ? 

- Heu, à quelle église j’appartiens, en fait, c’est-à-dire que Je ne crois pas en Dieu.  

- Tu blagues j’imagine ? 

- Non je t’assure je ne crois pas en dieu. 

- Arrêtes tu déconnes, tu te rends compte de ce que tu me racontes ? qui a crée la terre ? 

- Le Big Bang ?  

- Mais non, Dieu, et tout ce que tu vois, les arbres les forets l’air que tu respires ? réfléchies c’est clair non ?  - Ba non justement c’est pas très clair pour moi, enfin si tu crois en dieu et que ca te rend heureux tant mieux. » 

Miguel, ne veut décidemment pas en reste là, quant à moi, je tente de conclure cette conversation mal venue  à 8 h du matin. Mais pourquoi ais je été lui demander pourquoi il lisait la bible ? Cette conversation n’aura pas de fin, je le sais déjà. 

- Mais tu ne te rend pas compte reprend t-il , je suis témoin de miracles, et ca, seul dieu peut en être responsable. 

J’étais prêt à m’esquiver, mais subitement je reprends intérêt dans notre conversation. 

« - Miracles ? vas y racontes. 

- J’ai vu un bras pousser (sic), me dit il d’un air inquiet presqu’en chuchotant.

Je suis proche de m’étouffer avec une gorge de café. 

- Un quoi, pardon ? 

- Un BRAS, (sic sic). Me dit il mystérieusement, une personne a été amputée, et son bras repousse, dieu est vivant, il nous le montre chaque jour, moi-même je suis un miraculé, d’être vivant sur cette terre, d’être né, c’est grâce a dieu avant tout, c’est évident. 

- Ba écoute, si c’est évident pour toi,  je suis content que tu ais trouvé la foi et que ceci te permette d’avancer dans ta vie, moi pour ma part tu m’a pas convaincu avec ton histoire de bras qui pousse, mais je suis vraiment heureux pour toi. 

- Moi je suis désolé pour toi, tu passes à cote de quelque chose de phénoménal, vous ne croyez donc en aucun dieu vous les français ? 

- Si un peu, culturellement, on est catholique, mais bon la messe c’est chiant en plus le dimanche à 10h peu de gens se motivent pour aller à la messe. 

- Mais viens voir nos messes, ici on chante, on communie, on joue de la musique, l’église évangélique à laquelle j’appartiens est vraiment extraordinaire. »  

Nous y voila!, je l’attendais, l’Église Évangélique. 

A l’image de Miguel, des millions de Latino-Américains, déçus du catholicisme, peuplent aujourd’hui les églises évangéliques. S’agissant du continent où vit la moitié des catholiques de la planète, cette persistante érosion est l’un des plus grands défis lancés au pape Benoît XVI : les fidèles évangéliques représentent déjà 30% de la population au Salvador et au Guatemala voisin. L’un d’entre eux y a même été élu en 1990 président de la République, ce qui était alors une première en Amérique latine.  Cette percée au sein de la population tient d’abord à la multiplication des appellations, créées de toutes pièces par des gourous locaux ou dépendantes de grands réseaux américains. Communauté biblique Salem, Église baptiste Béthanie, Église prophétique Kemuel ou Jérusalem poussent dans le moindre hangar, animées par de jeunes pasteurs qui ne subissent pas les contraintes du célibat et des longues études imposées par l’Église catholique.

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S’imposant d’abord parmi les plus déshérités, elle a gagné toutes les couches de la population. La plupart de ces chapelles n’ont pourtant aucune histoire, aucune légitimité particulière. Mais elles attirent de plus en plus de  gens.  

Le soir même en pleine semaine, en rentrant chez moi, j’entends une voix au micro sortant d’un local, sorte de hangar garage, donnant sur la rue. Je m’approche, un homme debout harangue une population en transe. Une estrade est montée, un groupe de musique, guitare, basse, batterie, clavier, couvre le discours du « pasteur ». La musique qui s’échappe de l’église évangélique Nouvelle Famille, située dans ce hangar, inonde toutes les rues alentour. Nous sommes Mercredi, les messes ont lieu tous les jours.  Le pasteur a commencé son «show».

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Micro à la main, il harangue la trentaine de fidèles de ce mercredi soir : «Toi, tu es quelqu’un de spécial… Nous sommes tous spéciaux car habités par l’Esprit saint, Dios esta aqui, vive, dirige nuestras vidas.» Avec un bagou d’animateur de télé, il interprète la Bible en piochant des paraboles dans sa propre vie. Le public répond, applaudit. Enchaînement sur une mélodie sucrée pour le temps de prière : les mains se lèvent au ciel, puis chacun étreint fiévreusement son voisin. Les gens ont l’air heureux.

Ces messes ont lieu tous les jours, celles du week end durent plus de 3-4 heures. Dans les zones rurales, elle représente bien souvent la seule activité du week end des populations. Samedi et dimanche inclus, la messe. 

Dans un pays ou l’incertitude du lendemain représente le quotidien permanent d’une grande partie de la population, je suppose que la religion aide les hommes à croire au lendemain. Elle les emmène dans un monde de paix et de communion humaine.

On pourra alors critiquer ces pseudos pasteurs, cet état de transe qui me fait penser aux membres d’une secte. Mais elle rend les gens heureux momentanément, les aide à se projeter dans leur avenir et leurs vies.  

Jusqu’à présent,  mon agnostisme, me faisait souvent dénigrer les croyants. Peut être qu’aujourd’hui j’arriverai à comprendre ces gens, enfermés dans leur religion, mais ayant trouvés une raison d’être, une raison d’avancer, une force pour croire en un avenir meilleur.

 Il aura fallu surement que j’arrive jusqu’au Salvador, et découvre une pauvreté omniprésente. Une lutte quotidienne pour rester vivant. Digne et heureux. Pour comprendre et accepter la ferveur religieuse de ces gens. 

Je n’ai jamais cru aux histoires de bras qui poussent, ni aux miracles divins. Et bien évidemment je continuerai à ne pas y croire.

Néanmoins, même si elle est bien souvent la cause des nombreux maux de notre planète, je comprendrai par contre peut être un peu mieux cette ferveur dévote de ces populations.   

Et ca, c’est déjà un miracle en soit! 

La Mara Salvatrucha et la Mara Diesiocho

Créé par le 28 mai 2008 | Dans : Non classé

8,6 personnes par jour meurent assassinées au El Salvador pays de 6 millions d’habitants. 80% de ces crimes sont attribués aux maras, gangs juvéniles présents en Amérique Centrale, au Mexique et Etats Unis. La majorité d’entre eux se sont répondus au El Salvador. Violents, armés jusqu’aux dents ils terrorisent une population meurtrie et blasée de tant de crimes.

Introduction un peu dure, très statistique, violente, froide, right to the Target. Comment aborder de toutes façons ce sujet de manière poétique? Les maras. Sujet grave. Sérieux. Tabou. Flippant. Intriguant. Et comment parler de ce problème quand on est étranger? Dois-je écrire un article sur les maras? Suis-je dans mon droit? Suis-je la bonne personne pour en parler? Je vais me planter. Les ONG vont me fustiger, les salvadoriens se désespérer et se lasser. Ca y’est j’entends déjà leur colibes. Tant pis je vais tout de même me jeter à l’eau et tenter d’aborder comme je peux ce sujet.

Nous y voila, cela fait trois mois que je suis arrivé au El Salvador. Il est temps pour moi, après réflexion d’aborder le sujet tabou et à la fois sur toutes les langues.

Les MARAS. La Mara Salvatrucha (MS 13) et la Mara Diesiocho (M 18). Sur un mur de San Salvador, un tag, MS 13. Ici gouverne la MARA SALVATRUCHA ou MS 13. Un peu plus loin à quelques centaines de mètres, un XVIII en chiffre romain sur un mur en tôle. Ici dirige la MARA 18. Chaque gang marque son territoire. La ville et le pays entier sont découpés en zones officieuses ou se sont implantés les gangs.

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Bien sur, les quartiers aisés sont épargnés. Bien sur les zones commerciales aussi. Bien sur au quotidien on les ne voit pas, ni les croise. Ou plutôt dans MON quotidien….Car jamais très loin, la mara est là, trônant dans son pâté de maison, son quartier, son territoire.

La Mara Salvatrucha est en guerre contre la Mara 18. La Mara 18 est en guerre contre le MS 13.

Si un membre du gang 18 s’aventure de l’autre coté, du mauvais coté, là ou gouverne le MS 13, à quelques centaines de mètres il sera certainement assassiné. Pas de quartier sans mauvais jeu de mots. L’ennemi est là, Il ne me ratera pas lui, alors moi non plus.

Des catholiques contre des protestants. Des chrétiens contre des musulmans. Des noirs contre des blancs. Des pauvres contre des riches. Des communistes contre des capitalistes. On aura tout vu dans l’histoire de l’humanité. La guerre entre maras est un peu plus difficile à cerner. Des pauvres de cultures catholiques contre des pauvres de cultures catholiques. Aucun critère de race, de religion, de classe sociale, d’idéologie en générale ne justifie leur lutte  à mort. Un gosse qui rentre dans la M18, saura naturellement que son ennemi juré est le gang MS 13, il lutera pour son gang.

Aveuglement.

Jusqu’à la mort, En mi clica y la m18 a morir.

Une appartenance au gang gravée dans la peau. La vie, les tristesses, les meurtres, les décès, gravés dans la peau. Le gang dans la peau, tatoué au plus profond de leur âme…ou ce qu’il en reste.

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Pourquoi? Pourquoi se créer un ennemi qui vous ressemble? A quoi bon tuer son reflet? Suicide inconscient? Mais tout d’abord qui sont t’ils? Des victimes, des assassins, des exclus, des caïds de quartier? On aura tout lu et tout expliquer sur les maras, sociologiquement, socialement etc…. Il est en tous cas sur qu’historiquement ils sont issus du Los Angeles des années 80, le M18, s’installe dans la 18 eme rue de Los Angeles, la Mara Salvatrucha, essentiellement composée d’immigrés salvadoriens occupe elle la 13eme rue. Lutte de gang, lutte urbaine classique dans une ville américaine. Puis ces gamins, qui ont en générale entre 10 et 25 ans, sont expulsés par les autorités américaines. Retour au pays où ils n’ont jamais vécus. Le seul model social de vie qu’ils connaissent, c’est la lutte de gang. Le trafic de drogue. L’extorsion. Etre en groupe. Dans les années 90, le Salvador est dans un état économique et social catastrophique après 10 ans de guerre civile sanglante. Ces jeunes déportés n’auront aucun mal à exporter et imposer leur mauvaise influence. Leurs modes de vie auprès des gamins salvadoriens sans repères familiales et sociales. Ainsi s’est rependu ce phénomène au cours des années 90.

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A la maison, papa n’est pas la, parti aux états unis, travailler, clandestin. Je suis l’homme de la famille, dans mon bidonville, je ne suis qu’un pauvre parmi les pauvres. Rentrer dans la mara, me protège, me donne un statut social, les vieux me craignent, mes copains m’admirent, je suis un gangster, je suis cool, je suis quelqu’un. Les durs snifent de la colle, fument du crack, c’est cool. Je suis un dur je sniferai de la colle et fumerai du crack.

J’ai douze ans.

Tel un adolescent fumera sa première cigarette dans n’importe quel lycée français. Par effet de mimétisme, un jeune marero fumera du crack. Il violera et tuera aussi.

C’EST LE BIZUTAGE POUR RENTRER DANS LE GANG.

Chez les maras le mimétisme puis le quotidien conduit à fumer du crak, toute la journée.

A tuer, à violer, à raqueter. Question d’échelle en faite.

La mort la vie, les autres, plus rien n’a d’importance, seul mon gang existe, protéger mon territoire, mon gang, celui qui me protège, pour qui je luterai jusqu’a la mort. Sex drogue and rock and roll, qu’importent les moyens.J’ai du tuer 6 personnes, peut être 20, peu être plus, je sais pas, qu’importe..con ellos a morir.

Le monde dans lequel vivent les maras est surréaliste. Aucune conscience du bien du mal de la vie de la mort, des autres du MOI CONSCIENT. Un monde à part, ailleurs, par là bas.

Les autorités estiment leur nombre à 20 000 au El Salvador. Certainement plus en fait.

Aujourd’hui lundi (article ecrit le lundi 26 mai ndrl), j’ouvre le journal, le week end ressence 19 morts violentes. La moyenne.

« Relativement Peu » finalement pour le week end, jours traditionnellement plus meurtriers que la semaine.

La Mara sera responsable de 15 de ces crimes.

Le gouvernement semble résigné, (sic) voir (dés)intéressé par le problème. La population, elle, désespérée. Les maras recrutent de plus en plus jeunes. Dès 6 ans les gamins grossissent leurs groupes. Ils sont à la fois fléaux et victimes, assassins et assassinés, le contexte et le problème n’est pas simple, les solutions difficiles à mettre en place.

Tout est lié. La pauvreté, le trafic de drogue, la globalisation des économies souterraines. Du sud au nord de l’Amérique le banditisme forme un parfait puzzle. Toutefois, seules certaines élites parfois même au pouvoir, termineront de construire ce Puzzle.

Au El Salvador, les maras elles, finalement, ne sont qu’un maillon…

Le maillon faible évidemment.

 

Au coeur des rues

Créé par le 13 mai 2008 | Dans : Non classé

Au El Salvador, quand on arrive des zones rurales pour rentrer en ville, on découvre progressivement le désordre Urbain Latino Américain. Les rues sont des lieux vivants, colorés mais avant tout chaotiques. Dans la capitale, 2.3 millions d’habitants s’y concentrent et forment un désordre typique, mais néanmoins attachant. Bon voyage au cœur des rues de San Salvador… 

Premièrement, mettez vous dans l’ambiance en ouvrant le fichier musique, puis, pendant ce temps, sur le fichier album, faites défiler les photos en cliquant sur la flèche qui s’affiche a droite de l’image.

 Au coeur des rues wma 06pista6.wma

Calles
Album : Calles
Les rues de El Salvador
48 images
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6,1 sur l’Echelle de Richter ….

Créé par le 21 avr 2008 | Dans : Non classé

San Salvador, je suis allongé sur mon lit. Dans la maison chacun vaque à ses occupations. La soirée est anodine, c’est lundi soir.

J’entends un bruit sourd au loin. La circulation des autos sûrement. Un brouhaha qui se rapproche. On dirait le métro. Il n’y a pas de métro à San Salvador…

Puis le bruit se fait de plus en plus insistant, pour venir chatouiller le dessous du lit. Un bruit sourd qui fait place maintenant à un ronflement énorme ou une vague géante. Un impressionnant rugissement accapare le silence de la maison. Le lit bouge, saute même, les murs tremblent, les cadres bougent aussi. Les portes dansent, les meubles sautillent. Un ronflement énorme couvre ce balai. « Tout le monde dans le jardin s’écrit Ana »

Calmement nous sortons nous réfugier dehors.

- Mais qu’est que c’est que ça ?

- C’est une secousse sismique

- Merci j’avais compris mais ça va durer longtemps, putain regarde le mur comme il penche !

-On sait pas, peut être, ça dépend des secousses.

- Qu’est qu’on fait ? On reste la dans le jardin ?

- Oui on attend, j’ai du réseau sur le téléphone, la secousse est assez forte, j’ai peur aux répliques.

- Quelles répliques, il y a des répliques ? Mais le sol bouge il va pas se craqueler ?

- On sait pas, non, t’inquiète pas, les anciens disent souvent que quand on change de saison il y a des secousses, c’est cyclique.

- Ouai, ils ont souvent raison les vieux quand il s’agit de la pluie et du beau temps, jles crois volontiers là tu vois… L’émotion est intense pour moi, la sensation de vivre un phénomène naturel unique pour la première fois. La sensation d’être aux premières loges d’une catastrophe naturelle peut être. Un spectacle franchement hallucinant, j’en suis presque émerveillé. Le sol me chatouille les pieds, les murs se penchent d’une façon élastique, la maison tout entière se soulève. Puis retombe sur ses pieds. Un vacarme impressionnant de seulement 30 secondes qui paraissent 10 minutes. Puis, plus rien. Le brouhaha s’est terminé, le lit les meubles les murs le sol, redeviennent immobiles. Le silence revient.

Le silence complet. La secousse tel un serpent souterrain, vient de filer au loin.

San Salvador, il est 21h03. Une secousse sismique de 6,1 sur l’échelle de Richter vient d’avoir lieu.

Plus tard, on ne notera aucune victime ni dégâts matériels dans le pays. Les secousses sont courantes en Amérique centrale. De nombreuses failles tectoniques locales et régionales s’entrechoquent, notamment la grande faille San Andres séparant pacifique et amerique.

Chacun revient dans la maison, le téléphone sonne, la tante Gladys, des amis, la mère d’Ana. A chaque fois les mêmes inquiétudes. Ouai c’est moi tante Gladys tout va bien ? Ici tout est ok, l’électricité etc…ok, si il y a une réplique n’oubliez pas, ou sous une porte ou dans le jardin, et Yohann il a survécu a sa première secousse sismique ?

Les salvadoriens s’habituent à ce genre de secousses. Celle-ci était particulièrement forte. Sans aucune mesure toutefois avec les tremblement de terre de1986 et de 2001, qui ont causés des pertes humaines et matériels affolantes. D’ailleurs on ne parlera pas de tremblement de terre ce soir la, mais de simple secousse sismique.

Pour répondre à la tante Gladys, j’ai donc survécu émotionnellement. Toutefois Je me suis rendormi, le sommeil léger, guettant le moindre mouvement ou bruit suspect. Alors, je me surprends à imaginer des petits vieux salvadoriens me dictant leurs proverbes du genre « séisme de Mars, couvre toi en Juillet », le proverbe local quoi. Finalement, la nuit s’est déroulée sans répliques d’envergures.

Tout de même, une expérience particulière, mais bon, pas de panique c’est cyclique diraient les vieux, on va changer de saison… Ils ont souvent raison les vieux question climat…

A la Puta Calle …

Créé par le 14 avr 2008 | Dans : Non classé

Le nombre des enfants des rues dans le monde va, selon diverses évaluations, de 100 millions, à 250 millions. Leur nombre augmente rapidement et de jeunes enfants vivent dans les rues en plus grand nombre que jamais auparavant. La moitié d’entre eux vivent en Amérique Latine.

San Salvador. Il est 23.20, je sorts d’un restaurant et me dirige vers ma voiture, garée le long d’une artère principale de la capitale, l’Avenida de los Heroes. Au bout de cette avenue, se trouvent les grandes tours de verres de Telefonica y Dell.

San Salvador, capital moderne.

Sur l’avenue se trouve le plus bel hôtel de la ville, 5 étoiles, des porches, des BMW, des jaguars, le monde chic.

De l’autre côté de la chaussée, sur cette même avenue, au feu de circulation, un groupe de gamin discute. Scène du soir presque anodine. Presque, seulement. En effet, l’aîné de ces gamins n’aura même pas 8 ans…..

Scène du soir encore moins anodine quand l’un de ces gamins, m’apercevant, traverse subitement l’avenue. Manquant de peu de se faire renverser par une voiture, il arrive à mon niveau. Je continue de marcher. Je fais semblant de ne pas l’avoir vu. Il m’emboîte le pas avec ses petites jambes. J’entends ses pieds nus courir sur le pavé pour me rattraper. Il me suit. Il me dépasse. Alors, il me regarde avec des yeux ronds, l’air piteux, et me tend la main. Il est nus pieds, en short, un maillot de l’équipe de football d’argentine sur le dos. Les cheveux ébouriffés, le visage et les mains sales. Il a l’air fatigué. Il a l’air triste. Ses yeux sont cernés, son regard est hagard. Je lui donne 6 ans tout au plus.

- S’il te plait, donne moi un dollar, allez donne moi un dollar s’il te plait monsieur.

Il a les yeux rouges et éteints à la fois, vides d’expression. De l’autre côté de la rue le groupe de gosses est à l’affût du trafic automobile, prêt à traverser lui aussi. Ils ont repéré leur proie. Je suis la proie. A peine rassuré. Situation inconfortable.

- Donne moi un dollar monsieur. Por Favor …

- Ecoutes, je…. Subitement le gamin mendiant fait demi tour. Un garde armé lui fait signe de me laisser tranquille. Le môme repart en courant rejoindre sa bande de l’autre côté de la route. Il traverse le boulevard en évitant les voitures avec une agilité déconcertante. Ses pieds sautillent sur le pavé de l’avenida de los heroes (ironie de l’histoire), évitant les véhicules qui manquent de peu encore une fois de le happer. Il est reparti bredouille. Le garde armé m’a sauvé d’une situation plus ou moins délicate. Quant au gosse il repartira tuer le temps dans la nuit de San Salvador.

Le gosse est un enfant de la rue, peut être orphelin, peut être pas, rien est sûr. Il a peut être un toit, une famille qui l’attend, encore une fois rien est sûr. Combien sont ils a déambuler dans les rues de San Salvador ? Le nombre exact des gamins de rue de San Salvador est statistiquement dur à estimer. Il se peut que certains aient toujours un point de chute, certain disparaissent, d’autres réapparaissent…. Ils sont de fait toujours de trop pour nos consciences. Leur présence n’est pas nouvelle et malheureusement loin d’être solutionnée. Ces gosses sont le parfait reflet de la crise d’un système économique et sociale totalement à la dérive.

 

Ce soir, j’avais remarqué quelque chose d’étrange chez le gosse. Les yeux du gamin étaient rougis…

Rougis par la colle.

Plus tard j’ai su qu’on appelait en effet ces gamins des rues, los ninos huele pega (les gamins snifeur de colle). Effectivement, comme dans beaucoup de ville d’Amérique latine, à San Salvador, 90% des gosses de rue inhalent de la colle ou des solvants à longueur de journée.

Quatre Vingt Dix pour Cent.

La quasi totalité des gamins de rue. Peu importe leur age.

La colle coupe la faim. C’est une drogue bon marché, 1 dollar le tube. Pour un dollar, elle réchauffe le cœur et substitue le repas du soir. La colle se transforme rapidement en compagnon de route. Compagnon de misère.

 

J’avais bien vu depuis mon arrivée, des gamins vendant des fruits aux feux de circulation, ou des mômes lavant les par brises malgré l’interdiction des automobilistes. Voila comment commence leur journée. Laver quelques par brises, et atteindre rapidement l’objectif de 1 dollar pour aller s’acheter un petit tube de colle.

Ensuite, inhaler.

Les substances sont inhalées en général à même le tube ou le flacon. Dans un mouchoir ou dans un sac plastique, peu importe la méthode: inhaler le produit. Les vapeurs respirées sont absorbées par les alvéoles pulmonaires et atteignent le cerveau en quelques secondes. L’ivresse. La première inhalation de la journée, puis un peu de rien, un peu de zone, l’errance. La journée se passe ainsi, entre par brises et inhalation de colle. Chaque inhalation les conduits au bien être. Chaque inspiration les réchauffe, les nourris, les rends forts. Chaque inhalation les éloigne et les perd du monde réel.

Les effets des solvants sont malheureusement ravageurs et souvent, provoquent de fortes crises d’agressivité qui génèrent des bagarres entre eux. Survivre dans la rue, parfois relève un peu du miracle.

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Plus tard, je m’interressais à un article relatant les problèmes des enfants des rues de San Salvador, publié sur le site Internet de la Prensa Grafica, un journal Salvadorien. Dans l’etude publiée, on a demandé à deux enfants de dessiner l’endroit ou ils vivent. Puis on leur a demandé de dessiner l’endroit ou ils aimeraient vivre.

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Une sociologue a examiné ses dessins. Les deux dessins qui montrent où ils vivent, expriment, selon la sociologue la nécessité d’affection et de qualité. Ils signifient aussi l’effort de satisfaire, recherchant la reconnaissance sociale. Les deux enfants montrent à la fois l’absence de stabilité, non seulement environnementale, par le milieu dans lequel ils vivent, mais aussi par les carences émotionnels et affectives précoces qu’ils ont subis. La sociologue a aussi observé des caractéristiques d’agressivité, comme réponse au manque de satisfaction et de ses nécessités de base. L’analyse des dessins sur « Comment il aimeraient vivre » révèle une tendance à la fantaisie, l’idéalisation et la nécessité de protection de l’image maternelle

Leurs histoires se ressemblent toutes. Pauvreté familiale, violence, abus sexuels, les poussent à la fuite. Dans la rue vivre seul est suicidaire. En groupe, la rue vous épargnera un peu plus…. Peu être….

Exclus de leurs familles, exclus de leurs quartiers, exclus du système, exclus du réel, la rue reste leur seul espace libre. Sur le bitume, ils rencontreront rapidement leur compagnon de route, la pega. Dans cette société criminelle et infanticide, leur vie est suspendue à un tube de colle. Un peu de rien un peu de trip. La vie est une lutte, la rue est une jungle. Dans la quête des rêves perdus, pour protéger leur petits corps frêles et sans défense, la colle est leur armure. Une bien faible armure pour faire face à la jungle violente de San Salvador. Surtout la nuit. Surtout quand on a 6 ans…..

Et puis parfois, il ya sur les murs de San Salvador, des fresques peintes par les gens.Celle ci m’a paru logique …..

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Ma cabane sur Le Pacifique

Créé par le 31 mar 2008 | Dans : Non classé

Pendant les vacances de Pâques, c’est le mois de l’année les températures sont les plus élevées. C’est l’été. Les salvadoriens ont pris pour habitude d’envahir les plages du Pacifique qui bordent le pays. Les classes sociales moyennes et supérieures, elles, peuvent se permettre de louer des villas sur le bord de mer. Une fois là bas, vous êtes coupés du monde. Pas de supermarchés, le premier village à plusieurs kilomètres, avec une route en mauvais état.

Le confort intérieur des villas y est généralement sommaire mais largement suffisant pour une semaine de villégiature. Le cadre extérieur quant à lui y est paradisiaque. Nous avons loué une de ces villas durant 5 jours. Pour arriver à cette villa de la côte nord du Salvador, il faut après 1h30 de route en bon état, rentrer dans un chemin de terre très escarpé. Nous sommes dans le Salvador rural.

Autours de ces villas vivent de nombreux paysans dans des conditions de vie souvent très précaires. Ces paysans vivent pour la plupart de la vente de fruits et de plats mijotés. Ainsi, durant les vacances de Pâques, un défilé de 4X4 et de classes sociales aisées, croise des fermiers assis sur le rebord de route attendant le client. La vue de tous ces paysans amassés sur le bord du chemin, me fait prendre conscience de l’existence d’une société duale très marquée. Ceux qui ont… et ceux qui n’ont pas.

Le chemin escarpé se termine enfin, la voiture faisait des bonds. Lorsque nous rentrons dans le jardin de la villa, l’immense porche qui se referme bruyamment derrière nous, va nous séparer symboliquement de l’autre monde, … celui de ceux qui n’ont pas.

La villa donne directement sur la plage. Une piscine pour se rafraîchir, des hamacs pour dormir, des cocotiers à perte de vue. Pour être redondant, paradisiaque.

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J’ignore si c’est le chant des coqs des fermes avoisinantes ou le bruit des rouleaux du pacifique qui nous réveillent au matin. Les deux probablement. Le réveil est agréable. Il est déjà 7h du matin, il va faire chaud, très chaud. Un petit déjeuner copieux, un petit déjeuner salvadorien. Des haricots rouges moulinés, du café, des fruits, des œufs, des bananes frites, une tortilla. Voila la journée qui commence bien. Une balade sur la plage. Les vagues sont fortes, au moins deux mètres. Je me baignerai jusqu’à la taille. L’eau saline réveille. A 8h du matin, l’eau du pacifique est déjà tiède.

J’oublie qu’on est en Mars. C’est relatif après tout.

 

Nous retournons à la villa, un saut dans la piscine. La lecture du journal me rappelle que le monde continue de tourner. Il fait froid à New York, le dollar est en baisse, le président Sarkozy ira en visite officielle en Angleterre, les J O de pékin commenceront dans 4 mois….Le monde tourne, alors qu’il semble s’être arrêté ici, le baromètre au beau fixe. Il est 11h, il faudra acheter des fruits pour la journée, j’irai acheter au petit vieux à l’entrée du chemin, il avait des bananes et des mangues.

Quelqu’un a frappé au porche ? je vais ouvrir.

- Oui c’est pourquoi ? Un homme, la quarantaine, visage sympathique, presque édenté, nus pied, simplement vêtu, t – shirt déchiré maculé de taches, me propose de grimper à un des cocotiers de notre jardin pour me décrocher une douzaine de cocos. 1$ la douzaine, j’accepte.

- Juste une question ? tu n’as pas d’échelle, tu comptes aller les chercher comment les cocos, le tronc doit bien faire 30 mètres de hauts.

- T’inquiète pas, c’est mon travail me dit il en souriant, non sans une certaine fierté.

Muni d’une corde et d’une machette, l’homme enroulant la cordelette autours du tronc, commença à effectuer son travail. Il commença à grimper au cocotier. Par à-coups, il atteindra rapidement le sommet. Je l’observe escalader, je guette la chute. Et si il tombe, il est pieds nus en plus ? Sa corde n’avait pas l’air solide. Peu a peu je le perd dans les feuillages du cocotier. Il est en haut, les branches bougent. Il décroche 12 cocos qu’il fait glisser le long du tronc délicatement accrochés à une corde. Il redescend tranquillement avec la même facilite.

- Voila, c’est un dollar.

- ….

- Bonne journée, si t’en as besoin d’autre tu me fais signe, j’habite la ferme du bout. »

 

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Eberlué par le spectacle, l’homme grimpeur de cocotier me laissa sans voix. Mais comment a-t-il fait ? Je lui aurais donné 5 dollars simplement pour qu’il me montre comment il fait. Il est déjà parti. Nous avons 12 cocos, fraîchement cueilli, j’en suis témoin. L’eau de coco rafraîchi, mélangée à la vodka pour un apéritif tropical, les pieds dans l’eau, et le rêve est à son comble.

Apres le déjeuner, les activités se réduisent fortement. Il fait très chaud. L’idéal pour la digestion, étant de se trouver un coin d’ombre ou une place dans un hamac. Ne rien faire. Dormir, lire, rêver, jusqu’à 16h au moins. Les villas bordant le pacifique entrent en état de léthargie. Les humains se font rares sur les chemins, la plage est désertée, même les paysans roupillent dans leurs hamacs. Le bruit des vagues vous berce. Des bruits d’oiseaux étranges rythment ce moment. On s’imagine écouter un perroquet, un singe même. Je suis robinson perdu sur son île, je rêve… Puis soudain, un coq me réveille par son chant improbable …je ne rêve plus. Je ne suis plus Robinson, je dors mais suis éveillé, le hamac me balance de droite à gauche, puis de gauche à droite. C’est la sieste.

Une fois réveillé, il faut absolument profiter d’un dernier bain de mer. Il est presque 17h, le soleil se couchera dans une heure. L’océan a l’air d’être plus calme. Les vagues caressent la plage, se retirant presque sur la pointe des pieds. La plage est de nouveau investie par les touristes. Les villageois aussi reviennent sur le sable. Ils vendront des fruits essentiellement. Leurs vêtements traditionnels les différencient des plagistes en maillot de bain. Dans ce coin de paradis, ils sont là pour nous rappeler la réalité du pays. Mais bon…

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Il faut rester sur la plage encore une heure pour observer le coucher du soleil. Le soleil est à l’Ouest, il va se coucher. L’hémicycle solaire est énorme, rouge, puissant. Majestueusement le soleil s’enfonce peu a peu dans le pacifique. Majestueusement le soleil nous salut. C’est à ce même instant qu’il dira bonjour à des millions de chinois. C’est extraordinaire quand on y repense.

En l’espace d’un instant nous sommes plongés dans l’obscurité. L’océan continue inlassablement son balai de vagues qui s’écroulent sur nos chevilles. La plage se vide. L’obscurité rend les plages romantiques. Le jour, la plage est souvent un lieu de loisir. La nuit elle deviendrai presque un lieu de retraite spirituelle.

 

Néanmoins, les premiers moustiques arrivent, il faut rentrer. Pendant la nuit, des tortues de mer remplaceront les touristes. Elles s’écrouleront sur le sable profitant de la fraîcheur et de la tranquillité de la plage. Une soirée à la villa est rythmée par le bruit des vagues, des moustiques et des grillons. La peau est tirée par le soleil et l’eau salée. Une Margarita pour terminer la journée. Une discussion autours d’une table. La soirée, à l’image de la journée se termine paisiblement.

Apres 5 jours sur le pacifique, nous sommes rentrés pour San salvador. Pâques au Pacifique. C’était une villa au bord de la mer, rien d’extraordinaire en soit. Ça a toutefois été un moment magique. Aussi, après Pâques au pacifique, nous irons probablement passer noël au pacifique… en maillot de bain évidemment. Ce pays regorge decidemment de potentiel touristique. Un jour, c’est sûr, cet or vert le sortira de ses problèmes, j’en suis pour ma part convaincu….

Une Leçon de Vie

Créé par le 26 mar 2008 | Dans : Non classé

Au Salvador environ 45 à 55% de la population vit sous le seuil de pauvreté; une situation qui provoque l’exode du pays de plus de 720 000 personnes par an. 70% des familles qui restent, survivent grâce à l’envoie de devises des émigrés. Une quantité d’argent cependant, qui ne leur suffit pas pour couvrir les besoins basiques, alimentation, eau, électricité, éducation et santé, d’une famille composée en moyenne de 4 à 6 enfants.

Rafael Alvandano est directeur de l’Association Démographique Salvadorienne. Rafael est un salvadorien, la soixantaine, qui a travaillé pendant toute sa carrière aux Nations Unis à New York. Il est revenu depuis 5 ans au pays. Lorsque je suis allé le rencontrer, Rafael Alvandano m’explique que le problème de la pauvreté est aggravé par la surnatalité de ces familles qui possèdent parfois dans les zones rurales, jusqu’à 20 enfants !

« – Mais pourquoi font ils tant d’enfants si ils savent qu’ils peuvent à peine les nourrir ? C’est un problème de moyens de contraception ?

- Non, les moyens de contraceptions, ils les connaissent, et lorsque nous allons à leur rencontre avec l’Association Démographique, dans les quartiers nous leur distribuons les médicaments, nous leur expliquons. Le problème n’est même pas la religion, c’est avant tout du au fait qu’ils considèrent une naissance comme une force de travail potentielle, une source de revenu future…donc le problème est intrinsèquement la pauvreté. Parfois même, les femmes nous racontaient qu’elles faisaient un autre enfant pour prévoir la mort éventuelle d’un de ses nombreux enfants. C’est dramatique. Je t’emmènerai sur le terrain rencontrer ces populations et connaitre les projets que nous coordonons, tu comprendras mieux ».

En attendant d’aller sur le terrain avec Rafael Alvandano, j’ai pu me rendre compte par moi-même de la dramatique véracité de ses propos.

Miguel est un paysan de la côte nord du pays. Le long des plages du Pacifique, sont construites de nombreuses villas de vacances. Miguel fait office de gardien et vit avec sa famille dans une petite bicoque à l’entrée du jardin de la villa. Nous avons louer cette villa durant les vacances de paques. La maison de Miguel est très sommaire. Deux pièces, un sol en terre battu, un lavoir pour cuisine extérieure et un frigidaire, tout de même, sur le parvis de sa bicoque.

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Chaque matin je le croisais et je m’arrêtais discuter 5 minutes avec lui. C’est un petit homme, casquette américaine sur la tête, petite moustache, la trentaine, sourire figé sur le visage. L’amabilité naturelle des salvadoriens permet de nouer facilement le dialogue.

- Salut Miguel, ça va aujourd’hui ?

- Oui grâce à dieu, ça va, il fait pas trop chaud, pas mal de boulot.

- Et tu vis là avec toute ta petite famille, combien vous êtes ?

- Ma femme, mes deux filles, l’aînée a 12 ans, la petite Rosita a 4 ans et mon fils de 8 ans, mais il y en a un quatrième en route.

- Ouaaaaa, génial, quelle belle famille, et ils vont à l’école ? en quelle classe sont ils ?

- La dernière ne va pas à l’école, elle est trop jeune, mon fils est en « 2eme section » (sic), ma fille aînée, quant à elle cette année, ne va plus à l’école, elle reste à la maison aider sa mère qui est en ceinte de 7 mois.

- Elle ne va plus à l’école ? mai elle n’a que 12 ans ? c’est dommage ….

- Oui, je sais, moi j’aimerai qu’elle continue l’école, mais à partir de 12 ans pour continuer la classe, il faut qu’elle aille au village d’à côté, ce qui signifie qu’elle doit prendre le bus tous les jours et qu’il faut lui acheter des nouveaux livres. On peut pas lui payer alors autant qu’elle reste ici et qu’elle nous donne un coup de main.

- …..

Il me fixe du regard en souriant puis continue :

- Tu sais on vit avec 70 dollars par mois, alors avec ça, on arrive à se nourrir convenablement, mais c’est tout. Grâce à dieu, le propriétaire de la villa nous offre un toit, et nous sommes tous en bonne santé. Mais nous ne pouvons nous permettre de faire des dépenses extra.

- Je comprends, la commune ne te donne pas d’aides ? la coopération internationale, des ONG, ne vous ont pas aidés pour cultiver vos terres au village ?

- Moi je n’ai plus de terre, c’est pour ça que je suis gardien maintenant. En 2003, il y a eut un Hurricane, et nous avons tout perdu. La coopération extérieure, Japonaise je crois, a envoyé une aide pour nous les paysans pauvres. Il y avait plein de bidons d’engrais au village. Mais le maire nous les vendait….. C’était écrit « donation » sur ces bidons, mais il nous les vendait…. C’est comme ça… 50% de cette aide à l’époque a profité aux grands producteurs de café ….

- Mais c’est degueulasse, vous avez dit quelque chose ?

- Hahahahaha, non! qu’est que tu veux qu’on dise, c’est toujours comme ça, c’est la vie, mais grâce à dieu nous sommes vivants et ensemble.

 

Miguel doit faire parti des 50-60% des salvadoriens vivant avec presque rien au mois. Dans son malheur, Miguel a de la chance, sa maison bien que très humble est située en face de la plage, dans le jardin d’une résidence secondaire. Cela lui donne une certaine tranquillité, et lui évite tous les inconvénients de violence urbaine des bidonvilles et de l’habitat précaire urbain.

Cela dit, Miguel vit avec 70 Dollars par mois….pour tout revenu ….sa femme, lui… et ses 3 enfants, bientôt quatre. Moins de 50 euros.

Mon regard se détourne sur les filles de Miguel. La petite dernière, Rosita est pieds nus sur le sol terreux me regardant les yeux grands ouverts, le visage timide et innocent d’un enfant de deux ans et un peu de terre sur la joue. L’aînée de 12 ans, quant à elle, est déjà une femme, c’est la grande, elle est à côté de sa mère préparant les tortillas. Elle n’ira plus à l’école, c’est comme ça…

img0214.jpg C’est bouleversant d’écouter ce que me dit Miguel. Le cercle vicieux de la pauvreté s’est refermé sur sa famille comme sur beaucoup d’autres. Miguel n’a pas l’air malheureux, il est juste conscient et réaliste quant à sa condition. Il valorise le peu qu’il a. La santé de ses enfants, une maison, de la nourriture ( ?) et Dieu qui le protége (sic) lui et sa famille.

Pour autant cette leçon d’humilité et d’optimisme reçue, me met mal à l’aise. En Europe et dans les pays du Nord, valorisons nous assez souvent la chance que nous avons jusqu’à présent ? En ce qui me concerne, certainement pas.

Bien entendu, la pauvreté n’existe pas seulement au El Salvador. Elle est partout, à Tokyo et à Paris même… elle touche 3 milliards de personne au monde. La moitié des êtres humains. Mais aujourd’hui je l’ai touché du doigt. Et elle m’a ému. C’était une pauvreté humble, généreuse et souriante.

Le soir de notre conversation, le vendredi saint de la semaine de paque, le fils de Miguel a dessiné une croix devant sa maison, puis y a ajouté une bougie. Une procession religieuse du village s’est arrêtée devant la maison. Miguel, sa famille et les habitants du village ont récité ensemble une prière. Ils ont priés. Priés, pour espérer être, demain, vivant, en bonne santé et ensemble…tout simplement.

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Discrètement je me suis retiré. N’étant pas croyant, j’ai préféré les laisser seuls et respecter leur instant de recueil. Demain la vie reprendra son cours pour Miguel et les sien, humblement, simplement, doucement, avec sagesse.

Et demain, la vie reprendra aussi son cours pour 6 milliards de personnes, 3 milliards de pauvres, des millions d’Indiens, de Chinois, d’Africains et d’Européens, 12 millions de Franciliens, 20 millions de New Yorkais, des milliards de petits tracas quotidiens, des millions d’histoire de bureaux sans intérêt. C’est comme ça ….

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